Santé
Leucémie myéloïde chronique: un médicament révolutionnaire
Les cancers sont des maladies « intelligentes ». Tout comme les bactéries qui développent des moyens astucieux pour rendre inefficaces les antibiotiques, les cellules cancéreuses sont capables de muter. De plus, lorsqu’un médicament bloque une voie de signalisation, elles utilisent une autre voie pour continuer à proliférer. Le patient devient alors résistant au traitement anticancéreux.
Leucémie myéloïde chronique : un médicament fait ses preuves
La leucémie myéloïde chronique (LMC) est un cancer rare du sang et de la moelle osseuse. En France, 5000 personnes en sont atteintes et 600 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année. Bien qu’elle puisse survenir à tout âge, elle touche principalement les adultes âgés de plus de 50 ans, avec une légère prédominance masculine. Il n’existe pas de facteurs héréditaires. La LMC est la première maladie à avoir été associée à une anomalie chromosomique, le chromosome Philadelphie. Elle se caractérise par une production exagérée de globules blancs dans le sang. Ses principaux symptômes sont une fatigue intense et inhabituelle, ainsi qu’une augmentation de volume de la rate. La découverte de la maladie est souvent fortuite, à l’occasion d’un examen sanguin de routine, qui met en évidence un taux anormalement élevé de globules blancs.L’objectif du traitement de la LMC est d’éliminer les cellules leucémiques, d’augmenter la durée de vie des patients et d’améliorer leur qualité de vie. Jusqu’en 2000, les seuls traitements proposés étaient la greffe de moelle osseuse, réservée à une minorité de patients, ou l’interféron alpha, utilisé seul ou en association à la chimiothérapie.
L’arrivée en 2001 de l’imatinib mésylate (Glivec®), permettant d’obtenir des rémissions et donc d’améliorer le pronostic de la maladie, a constitué une révolution thérapeutique. Les premiers résultats ont été excellents, mais des résistances sont apparues après 4-5 ans de traitement par l’imatinib. Pour apporter une alternative thérapeutique à des patients qui n’en avaient plus, fût développée une thérapie « multicibles », Sprycel® en inhiberait plusieurs. Il permet d’obtenir des rémissions de la maladie chez des patients devenus résistants à l’imatinib. Après un programme d’études cliniques mis en place sur plus de 900 patients, les résultats confirment l’efficacité du médicament. . Il est désormais commercialisé en France, apportant un nouvel espoir aux patients atteints de LMC résistants ou intolérants au traitement par l’imatinib.