Santé
La grippe gagne du terrain
Depuis une dizaine de jours, l’activité grippale s’est particulièrement intensifiée dans 4 régions : Basse-Normandie, Ile-de-France, Pays de la Loire et Rhône-Alpes. On peut encore se faire vacciner contre la grippe mais il ne faut plus traîner. Des cas de grippe sont confirmés maintenant dans la majorité des régions de France métropolitaine. Dans 4 régions ...
Depuis une dizaine de jours, l’activité grippale s’est particulièrement intensifiée dans 4 régions : Basse-Normandie, Ile-de-France, Pays de la Loire et Rhône-Alpes. On peut encore se faire vacciner contre la grippe mais il ne faut plus traîner.
Des cas de grippe sont confirmés maintenant dans la majorité des régions de France métropolitaine. Dans 4 régions (Basse-Normandie, Ile-de-France, Pays de la Loire et Rhône-Alpes), malgré les vacances, les détections et les isolements de grippe se sont intensifiés depuis la mi-décembre. Parmi les virus grippaux déjà détectés dans les prélèvements GROG, 62% l’ont été au cours des 3 dernières semaines. Les indicateurs d’activité sanitaire relevés par les vigies des GROG (Groupes Régionaux d’Observation de la Grippe) sont en hausse, en raison à la fois de la circulation grippale et d’un « effet vacances ». Les critères de franchissement du seuil épidémique retenus par les GROG ne sont pas encore remplis mais la rentrée scolaire et le retour en collectivité pourraient entraîner une intensification de l’activité grippale.
Un virus mutant qui revient chaque année
Les virus de la grippe ou virus influenza appartiennent à la famille des orthomyxovirus, leur structure se modifie continuellement. C’est pour cette raison qu’il faut modifier chaque année la composition du vaccin grippal. L’épidémie hivernale de grippe dure six à huit semaines. La grippe infecte ainsi plus d’une centaine de millions de personnes dans l’hémisphère Nord1, dont 2 à 7 millions en France. Toutes les tranches d’âge sont affectées. En moyenne, un adulte sur 10 et un enfant sur 3 sont infectés chaque année. La grippe peut être particulièrement grave pour les personnes vulnérables comme les personnes âgées, les malades chroniques. La grippe est une atteinte des voies respiratoires supérieures et inférieures. La transmission interhumaine se fait par le biais des gouttelettes de salive et des sécrétions respiratoires, à l’occasion d’éternuements ou de toux, et par contact direct notamment par les mains.
Les personnes infectées sont contagieuses 2 jours avant l’apparition des symptômes et jusqu’à
5 jours après. Les lieux confinés et très fréquentés (métro, bus, collectivités scolaires...) favorisent la propagation du virus grippal. Après une période d’incubation de un à quatre jours (deux en moyenne), les symptômes apparaissent généralement de façon soudaine. Il s’agit de fièvre (évoluant typiquement selon le « V » grippal), de toux, de maux de tête, de malaise général. L’évolution de la maladie est le plus souvent rapide. La température diminue en deux à quatre jours, tandis que les autres signes s’estompent. Mais la toux et la fatigue peuvent persister plus de deux semaines.
Prévenir la grippe en se vaccinant
Malgré des campagnes d’information, les Français n’optent pas assez pour la vaccination ! En 2005-2006, seulement 24 % de la population générale était vaccinée dont 68 % des plus de 65 ans. Il faut noter que la grippe touche largement les enfants. Chez eux, sont observés le taux le plus élevés de complication de l’infection grippale.
Le vaccin est efficace 2 à 3 semaines après l’injection et pour une durée de 6 mois. La vaccination réduit la morbidité et la mortalité de la grippe chez les personnes âgées et chez celles qui sont atteintes de maladies chroniques. Ainsi, elle diminue le risque de survenue d’une pneumonie ou d’aggravation d’une maladie cardiovasculaire ou pulmonaire sous-jacente. Chez les personnes jeunes, l’efficacité des vaccins à prévenir l’infection grippale est comprise entre 70 et 90 % L’efficacité vaccinale dépend de plusieurs facteurs dont l’âge : chez les sujets âgés de 60 ans et plus, l’efficacité de la vaccination est estimée de l’ordre de 58% . Chez l’enfant comme chez l’adulte, la vaccination reste le meilleur moyen de prévenir la grippe.
La grippe et son impact économique
L’impact socio-économique de la grippe est non négligeable. Les coûts liés à la perte de
production (coûts indirects) sont prépondérants. Les coûts directs, supportés par le système de santé (consultations, hospitalisations, etc.) se sont élevés à 266 millions de dollars pour l’épidémie 1989-1990 en France. Quant au retentissement sur l’économie du pays, il s’est traduit par un coût indirect de 2000 millions de dollars.
Le coût direct d’un malade non hospitalisé s’est élevé en moyenne entre 28 et 68 euros lors de l’épidémie de l’hiver 2001-2002. Lors de l’épidémie annuelle de grippe, le nombre de consultations de médecine générale augmente de 150 à 450 %. On constate que la grippe est responsable de 10 % de l’absentéisme au travail. Le nombre moyen de jours d’absence en raison d’une grippe est compris entre 3 et 7 jours. Une performance altérée et des temps de réaction réduits (de 20 à 40 %), en raison de la grippe, peuvent compromettre la santé et la sécurité au travail.
