Multimédia
En attendant le cinéma 3 D… sans lunettes
Donner du relief aux images planes qui défilent sur l’écran, cela paraît facile. Pourtant, restituer la réalité dans toutes ses dimensions n’est pas si simple. Et relève même presque de la tromperie. Dès les débuts du cinéma, les techniciens de l’image ont cherché à offrir aux spectateurs des images en relief. Des méthodes d’application qui changent au fil du temps mais dont le principe ...
Donner du relief aux images planes qui défilent sur l’écran, cela paraît facile. Pourtant, restituer la réalité dans toutes ses dimensions n’est pas si simple. Et relève même presque de la tromperie.
Dès les débuts du cinéma, les techniciens de l’image ont cherché à offrir aux spectateurs des images en relief. Des méthodes d’application qui changent au fil du temps mais dont le principe demeure le même : chaque œil reçoit une image légèrement différente d’une même scène, trompant ainsi le cerveau qui reconstitue le relief à partir des deux images planes de départ. Trois procédés, inventés dans les années 1920, et qui sont encore utilisés de nos jours. Au départ, c’est en projetant deux images de couleurs différentes qu’on a créé le relief. L’image bleue se superpose à l’image rouge quand on regarde l’écran avec des lunettes spéciales, conçues pour filtrer l’image. Elles sont munies d’un verre rouge correspondant à l’image rouge et d’un bleu pour l’image bleue. Le verre rouge fait disparaître l’image projetée en rouge et souligne en noir l’image projetée en bleu. Et le verre bleu fait apparaître l’image rouge et disparaître l’image bleue. Mais ce procédé ne permet de voir les films qu’en noir et blanc, et nécessite de courtes projections, la vision en étant éprouvante. Il a d’ailleurs cessé d’être exploité dans les salles de cinéma.
L’image apparaît en couleur et en relief sur écran géant ou hémisphérique
Une deuxième méthode a été expérimentée à la même époque, selon le principe de la lumière polarisée, mise au point par un Ecossais, David Brewster, l’inventeur du kaléidoscope. Qu’elle soit naturelle ou artificielle, la lumière ordinaire est une onde électromagnétique, qui vibre dans toutes les directions sur un plan perpendiculaire au trajet de sa propagation. Lorsqu’on lui fait traverser un filtre dit polarisant, elle ne vibre plus que dans une seule direction. Elle est alors appelée lumière polarisée. Là encore, pour créer le relief, on projette deux images, l’une polarisée dans un sens et l’autre dans le sens contraire. Avec des lunettes à verres polarisants, le spectateur ne voit que l’image destinée à chacun de ses yeux. Cette technique permet la reproduction des couleurs mais elle ne fonctionne que sur écran plat ou métallisé.
La dernière méthode fait appel à un système d’obturation. Les images, destinées à chaque œil, ne sont pas projetées en même temps. Les lunettes permettent le masquage alternatif et synchronisé de l’œil droit ou gauche. L’image apparaît en couleur et en relief, et peut être projetée sur écran géant ou hémisphérique. Seul bémol, pour avoir accès à la 3D, il faut porter des lunettes à cristaux liquides qui coûtent beaucoup plus cher que celles utilisées dans les deux autres techniques. Ces lunettes doivent s’opacifier et s’éclaircir à volonté de manière instantanée. Un dispositif électronique, intégré et synchronisé par transmission sans fil pendant la projection, obscurcit alternativement les verres. C’est la méthode la plus répandue de nos jours. La prise de vue s’opère soit avec deux caméras légèrement écartées qui couvrent exactement le même cadre, soit avec une caméra à deux objectifs. La méthode de projection est adaptée à la prise de vue, deux projecteurs dans le premier cas, un projecteur bi objectifs dans le second. A l’avenir, on assistera sans doute à la naissance du cinéma en relief sans lunettes, grâce à l’holographie, reproduction du relief par un procédé laser d’une exceptionnelle précision.