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"Les Sirènes de Bagdad" par Yasmina Khadra
Je suis né dans la misère et la misère m’a élevé dans le partage », dit le jeune bédouin de Kafr Karam, un petit village paisible au fin fond de l’Irak. Un jeune homme timide et émotif, sensible aux malheurs des autres. Un jeune homme victime des bavures commises par les forces étrangères et les militaires de son propre pays.
Les guerilléros de Bagdad ou pourquoi devient-on intégriste ?
« Je suis né dans la misère et la misère m’a élevé dans le partage », dit le jeune bédouin de Kafr Karam, un petit village paisible au fin fond de l’Irak. Un jeune homme timide et émotif, sensible aux malheurs des autres. Un jeune homme victime des bavures commises par les forces étrangères et les militaires de son propre pays. La dernière bavure est la plus insupportable car elle touche à son honneur et à celui des siens. Son père a été humilié sous ses yeux par un soldat américain faisant irruption chez lui : « Crosse ou poing, quelle différence ? Le coup parti, le sort en fut jeté. Mon père tomba à la renverse, son misérable tricot sur la figure (…) tandis que l’honneur de la famille se répandait par terre, je vis ce qu’il ne me fallait surtout pas voir, ce qu’un fils digne, respectable, ce qu’un Bédouin authentique ne doit jamais voir… » La honte est immense. Impossible de la surmonter, de lui survivre. Il lui faut partir : il quitte son village, part à Bagdad où il rejoint « la résistance » et se consacre à la « Cause ». La guérilla prépare une opération dont les conséquences seraient mille fois plus désastreuses que les attentats du 11-Septembre. Le jeune bédouin est l’acteur principal de cette action. Pour la réaliser, il doit se rendre à Beyrouth, l’étape transitoire…
Après Les Hirondelles de Kaboul et L’Attentat, Les Sirènes de Bagdad est le troisième volet d’une trilogie que Yasmina Khadra consacre à ses questionnements sur le pourquoi et le comment de la montée de l’intégrisme dans le monde musulman. Il ne juge pas, il veut simplement comprendre. Son regard humaniste oblige le lecteur à changer ses certitudes et à interroger ses convictions. Yasmina Khadra, de son vrai nom Mohamed Moulessehoul, est un ancien officier de l’armée algérienne qui a abandonné les armes pour se consacrer à l’écriture. La critique reconnaît en lui l’un des écrivains les plus talentueux de la littérature francophone contemporaine.
Les Sirènes de Bagdad, par Yasmina Khadra. Ed. Julliard, 337 pages, 19 euros.