Il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir sculpté
Il est petit, il est bleu, il se pose sur un bureau comme un calendrier : c’est le catalogue de la Biennale des Lions. Au fil de ses pages, il présente en images les 69 sculptures qui ont investi l’espace lyonnais depuis le 10 avril.
Mohamed Attia, Président de la Biennale des Lions, a présenté le dernier né de l’événement : le petit livre bleu est un véritable objet de décoration, qui se pose sur un bureau, pour admirer chaque jour un ours ou un lion : chaque création a sa page, avec le nom de l’artiste et le lieu où dénicher l’animal dans les rues de Lyon.
Un catalogue attendu par les artistes qui ont rivalisé d’ingéniosité pour créer leurs œuvres, comme Adeline Julian, qui a imaginé le lion « Alliance Lyon-Québec ». « Ce catalogue, c’est l’achèvement de mon travail, tout le monde peut voir mon œuvre maintenant, c’est un peu une reconnaissance ». Pour cette étudiante en mode de 21 ans, ce projet a été un vrai défi, dans lequel elle s’est lancée un peu par hasard. « J’avais entendu parler du projet par le bouche à oreille. Je me suis renseignée sans conviction au départ, puis j’ai commencé à monter mon projet. J’ai rencontré Mohamed Attia, qui a été très gentil et chaleureux avec moi, et qui m’a dit que je risquais d’être prise car travailler sur du tissu n’avait jamais été fait avant ». Et il avait raison. Adeline s’est jetée à corps perdu dans le travail pendant trois mois, vivant avec le lion qu’on lui avait livré « à l’état brut » chez elle. Résultat : un lion plein d’humour et de dignité, habillé de fourrure pour rappeler le Québec, de soie en référence à Lyon, et d’une fraise en organza qui lui donne un air royal. Le roi lion trône aujourd’hui au Grand Hôtel Mercure.
Une vitrine de choix
Le catalogue de la Biennale des Lions a un autre but : servir de vitrine pour séduire les acquéreurs potentiels. En effet, le deuxième enjeu, c’est de vendre les œuvres lors de la vente aux enchères qui se tiendra le 3 juillet à l’Hôtel de Ville de Lyon. Jusqu’ici, artistes, membres de la production, tous les gens qui ont participé au projet de la Biennale ont « fait crédit » en attendant la vente, ce que Mohamed Attia commente avec humour : « pour l’instant on ne paie pas de mine, mais on paiera ! ». Autant dire qu’ils attendent impatiemment de voir partir les sculptures. « La mise à prix est fixée à 5 000 euros. Ce qu’on souhaite, c’est que les enchères montent, bien sûr. L’idéal serait de monter jusqu’à 10 000 », espère Mohamed Attia, en précisant que la sculpture de base, fournie aux artistes, coûte déjà 2 000 euros. Si, en plus des rémunérations, des bénéfices sont réalisés, ils seront investis dans des projets caritatifs, en France et au Québec.
Catalogue disponible à l’Office de Tourisme et dans les bureaux de presse, tarif : 7,50 euros.
www.biennaledeslions.fr