Environnement
Biocarburants, une fausse solution ?
Les biocarburants seraient-ils des faux amis de l’écologie ? C’est ce que pense l’association de défense des consommateurs UFC-Que Choisir. Au moment où les autorités françaises ont adopté une série de mesures visant à porter à 7 % en 2010 et 10 % en 2015 (contre 2 % actuellement) la part des biocarburants utilisés dans les transports, l’association met en doute leur rendement énergétique...
Les biocarburants seraient-ils des faux amis de l’écologie ? C’est ce que pense l’association de défense des consommateurs UFC-Que Choisir. Au moment où les autorités françaises ont adopté une série de mesures visant à porter à 7 % en 2010 et 10 % en 2015 (contre 2 % actuellement) la part des biocarburants utilisés dans les transports, l’association met en doute leur rendement énergétique. Elle ne fait ainsi que relayer un débat qui agite la communauté scientifique pour savoir si la quantité d’énergie procurée par les biocarburants est vraiment supérieure à celle consommée pour récolter les plantes puis les transformer en carburant. Il semble que le bio diesel bénéficie d’un bilan énergétique et écologique positif, ce qui ne serait pas le cas du bio éthanol. Rappelons que le bio diesel est obtenu à partir d’huile d’oléagineux, comme le colza ou le tournesol ; et que le bio éthanol provient de plantes contenant de la saccharose (canne à sucre, betterave) ou de l’amidon (blé, maïs). A en croire l’UFC-Que Choisir : « L’éthanol fournit 25 % d’énergie en plus que celle investie dans sa production, alors que le bio diesel en fournit 93 % de plus ». Les professionnels ne contestent pas ces critiques. Pour Xavier Beulin, président de Sofiprotéol (organisation de la filière française de biocarburant) : « Nos études indiquent un excellent rendement énergétique pour le bio diesel. Sur le bio éthanol, le débat n’est pas tranché. Il faudrait organiser une conférence de consensus entre les scientifiques ». Cette mise en cause du bio éthanol survient alors que plusieurs usines de fabrication sont déjà construites ou en chantier. Tout le monde s’accorde par contre pour juger que l’avenir appartient à la deuxième génération de biocarburants, celle qui utilisera l’intégralité de la plante pour fournir de l’énergie, et pas seulement les graines. Des recherches sont en cours.
Jean Piel