Environnement
Le futur siège de Rhône-Alpes propre jusque dans ses gravats
Jean-Jack Queyranne, Président de la région Rhône-Alpes, présentait vendredi 28 mars le procédé adopté pour évacuer les quelques 120 000 tonnes de déblais issus du chantier du nouveau siège de la région. Sur la Saône, deux à trois barges effectuent une rotation quotidienne avec à leur bord un chargement de 1 000 tonnes de terre. A la clé, 500 000 kilomètres évités et 170 000 litres de gasoil économisés. Idéal en cette semaine du développement durable.
Les déblais du chantier évacués par la Saône
Le nouveau siège de Rhône-Alpes devrait être livré en 2010. Pour le moment, Cours Charlemagne, il n'y a qu'un amas de gravas : les travaux de terrassement devraient s'achever le 23 mai. Que faire de tous ces déblais ? Habituellement, ils sont transportés par camions. Mais "si Rhône-Alpes veut être une éco-région, elle doit être exemplaire au niveau de son siège" rappelle Jean-Jack Queyranne. Ainsi, les 120 000 tonnes de gravats liés au chantier sont chargés sur des barges de 75 mètres de long, puis transportés par la Saône vers les usines du groupe Vicat (à Villefranche-sur-Saône et à Saint-Germain-au-Mont-d'Or) où ils seront triés et recyclés. Une barge seule peut recevoir 1 000 tonnes de déblais : l'équivalent de 100 semi-remorques ! De quoi économiser 170 000 litres de carburant et épargner, en cumulé, 500 000 kilomètres de route aux poids lourds, "douze fois le périmètre de la Terre", comme se plait à le rappeler le Président de la Région. Encombrement des routes limité, émissions de gaz à effet de serre divisées par dix et économie estimée à 150 000 euros, sans compter les coûts externes, la taxe sur les produits pétroliers, par exemple, qui aurait dû coûter 300 000 euros au contribuable rhônalpin.
De plus, les déblais, composés de sables et de graviers des alluvions du Rhône, sont réutilisables en BTP une fois triés et recyclés. Thierry Braillard, vice Président du Grand Lyon, se félicite : "ce procédé favorise le transport fluvial, valorise le déblai et économise les gisements. Et il préserve la sécurité. Sans cet intermédiaire, on aurait 40 camions par jour en plus dans le secteur urbain."
Trois mariniers sont employés à plein temps pour effectuer le trajet par automoteur. Le gain écologique, économique et la praticité de cette méthode pourraient (et devraient) inciter d'autres entreprises à avoir recours à ce moyen de transport, pourtant peu plébiscité. Marinier, le métier de demain ?