Environnement
Le monde virtuel, vorace en vraie électricité
Quel est le point commun entre un personnage virtuel du site Second life et un Brésilien ? Tous deux consomment la même quantité d’électricité par an. Internet est peut-être synonyme de monde virtuel, mais il nécessite pour fonctionner des centres de données géants, extrêmement gourmands en énergie
Le monde virtuel, vorace en vraie électricité
Siegfried Behrendt, chercheur à l’institut allemand IZT, s’est amusé au petit jeu des comparaisons. Télécharger un journal consomme autant d’électricité que faire une lessive. Une recherche sur Google est équivalente à une heure d’utilisation d’une ampoule de 75 watts. La consommation de l’ordinateur de l’internaute n’est pas en cause ; c’est la mise en route des serveurs géants destinés à gérer sa transaction qui est vorace en énergie. Depuis 2000, la consommation électrique des fermes informatiques a doublé. Selon Siegfried Behrendt, « à ce rythme, dans vingt-cinq ans, Internet consommera autant d’énergie à lui seul que toute l’humanité aujourd’hui ».
Ce problème est l’un des défis que doit résoudre le secteur des hautes technologies. IBM a mis au point un circuit de refroidissement qui permet de récupérer la chaleur dégagée par les ordinateurs géants. C’est en effet l’un des problèmes, les salles des supercalculateurs devant être climatisées en permanence pour éviter la surchauffe des appareils. Microsoft a installé sa dernière ferme informatique près d’un barrage hydro-électrique afin de réduire son empreinte écologique. Mais pour les spécialistes, la solution passe par des logiciels plus puissants afin que, dans un futur proche, un ordinateur géant suffise là où il en faut cinq aujourd’hui.