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Drôle de commémoration
Quel anachronisme d’honorer, au Tata Sénégalais, le sacrifice des soldats africains du 25ème RTS et 405ème R.A tombés héroïquement les 19 et 20 juin 1940 à Chasselay le 22 juin, jour de la reddition de l’armée française en 1940 ! C’est pourtant semble-t-il une habitude orchestrée par l’Association des Anciens des Troupes coloniales et des Troupes de marine de Lyon et de sa région qui, bien qu’elle honore la mémoire de braves, ne donne pas la parole au Représentant de leurs descendants.
Un sacrifice pour la France
Le Tata Sénégalais est une Nécropole, un cimetière militaire aux enceintes de terre aux couleurs chaudes de l’Afrique. Il est un lieu de recueillement en mémoire des « Tirailleurs Sénégalais », qui ont écrit dans le sang en juin 1940 dans la région de Lyon un des épisodes les plus tragiques et glorieux de la Seconde Guerre Mondiale. A plus d’un contre cent, ils ont combattu jusqu’au bout pour l’honneur d’une France déjà en déroute. Un Tata, cimetière traditionnel africain, a été érigé en 1942 pour saluer leur héroïsme.
Cheick Sadibou Diallo, Consul Général du Sénégal à Lyon, rappelle souvent, non sans émotion, que « ces vaillants soldats venus du Sénégal mais aussi du Gabon, de Guinée, du Dahomey, de Cote d’Ivoire et du Soudan furent les premiers résistants à répondre à l’appel du 18 juin 1940 lancé par le Général De Gaulle. Ils portaient en eux des valeurs fondamentales de courage, de dignité et d’abnégation. Ils ont sacrifié leur vie pour la liberté d’un pays ». Les honorer est une noble cause, encore faut-il bien choisir son moment.
Que dire lorsque, le Consul Général, représentant officiel de la nation sénégalaise à Lyon, ne peut exprimer un devoir de mémoire pour les aïeux de sa patrie ? Ce dernier reste perplexe. « Je pensais pouvoir, en toute légitimité, être à même de prendre la parole pour rendre, dans le cadre de cette cérémonie, un hommage aux dignes fils de l’Afrique éternelle, tombés au champ d’honneur pour la liberté de la France ».
Le devoir de mémoire ne peut être l’exclusivité des hommes d’armes, il se partage en toute confraternité, avec les descendants de ces hommes, venus, un jour, dans notre pays pour défendre une certaine idée de la France.