Evènements du jour
Pékin : Le disque de Mélina atteint ses objectifs
Elle n’a pas remporté de médaille, mais sa performance mérite d’être saluée. Mélina Robert-Michon lanceuse de disque du club de Lyon Athlétisme a atteint la finale des Jeux en août dernier, une finale qui n’avait plus été atteinte par une lanceuse française depuis 60 ans. Portrait.
Elle ne visait pas l’or, mais l’honneur. Objectif atteint pour Mélina, le 15 août dernier. Au bout du suspense, après deux essais ratés, elle balance le disque à 62m21, son meilleur jet de l’année. 4ème du groupe A, elle accède enfin à son rêve, trois jours plus tard : une finale olympique. Elle échouera à la 8ème place, mais l’essentiel n’est pas là, puisque la France n’avait pas vu de lanceuse de disque en finale olympique depuis 60 ans. Aux Jeux de Londres en 1948, Micheline Ostermeyer, pianiste de renom, avait carrément atteint le disque d’or. Ou plutôt la médaille. Elle avait remis ça au poids, et décroché le bronze au saut en hauteur. Autre époque.
« Sans conviction »
Au départ, entre Mélina et le disque ce n’est pas le coup de foudre, l’adolescente lui préférant le handball. D’ailleurs elle aurait aussi bien pu passer à côté de l’athlétisme, sans les conseils de Jacques Pelgas. « C’est un prof d’EPS qui a décelé des qualités pour l’athlétisme chez moi, en 1995. Mais au début j’y allais sans conviction ». Peut être parce qu’elle est mal orientée, ses premiers entraineurs la voient plutôt lancer le poids. Et puis, parce qu’il est plus difficile, parce qu’il faut acquérir une certaine finesse technique pour le voir s’envoler, Mélina s’éprend du disque un an plus tard à 17 ans. Il ne lui faut que deux années pour en devenir l’une des meilleures spécialistes, puisqu’elle se classe 2ème aux championnats du monde junior en 1998.
Après un titre de championne d’Europe espoir glané en 2001, la jeune Iséroise va naturellement s’imposer comme la meilleure spécialiste française de sa discipline. Et le disque des championnats de France semble rayé, puisqu’il annonce son nom sur la plus haute marche du podium chaque année sans interruption depuis 2001. Côté international, elle gravite toujours autour des 10 meilleures mondiales, mais échoue lors des qualifications aux Jeux de Sydney puis d’Athènes.
« Atteindre la finale »
« C’est vrai qu’après avoir échoué à Sydney, puis à Athènes, mon seul objectif à Pékin, c’était d’atteindre la finale », nous confie-t-elle. Et pour atteindre son objectif, Mélina va s’entrainer pendant 4 ans tout en travaillant pour l’armée, au SIPRA de Lyon. Jusqu’à cet été, quand elle ne perfectionnait pas sa technique, elle était chargée de communication pour l’armée de Terre, spécialisée bien sûr dans les événements sportifs. Un contrat spécifique qui lui autorise de longues heures d’entraînement. « Pendant 4 ans, j’ai pu m’entraîner dans de bonnes conditions, et surtout j’ai pu apprendre professionnellement et progresser sportivement ».
Car, on l’oublie trop souvent, si les footballeurs gagnent plus d’argent que de raison, il est presque impossible de vivre de l’athlétisme, c’est pourquoi l’immense majorité des athlètes français exerce aussi une profession. « C’est déjà pas évident de trouver du boulot dans des conditions normales, mais en tant que sportif de haut niveau, avec les contraintes que ça implique, c’est encore plus dûr ». C’est pourtant ce qui attend notre presque championne olympique, puisque sa mission pour l’armée est terminée. Mais à 29 ans, sa carrière est loin d’être terminée, puisque le lancer du disque est un sport d’expérience et de technique, et Londres est déjà dans un coin de sa tête. Avant ça, il y a les championnats du monde à Berlin, en 2009, avec un objectif affiché pour cette jeune femme humble et accessible: « me rapprocher de la 5ème place ». On est tous derrière elle.