Forme & Santé
Vivre bien : 9 règles d’or pour optimiser sa santé
Qu’est-ce qui fait que nous « tombons malades » ? Est-ce la virulence de l’agent infectieux ? Ou bien plutôt la faiblesse du « terrain », de notre organisme ? Même à propos du sida, le Pr Luc Montagnier a pu déclarer : « Le virus seul ne peut rien. » Qu’en est-il ? Sommes-nous impuissants, ou pouvons-nous travailler à renforcer notre vitalité ?
Choisir d’être en forme
Un célèbre cancérologue français, le Pr Henri Joyeux, aime à répéter que « les maladies ne tombent pas du ciel ». Avec humour, il indique même sur son site les meilleurs moyens de tomber malade (www.professeur-joyeux.com). Un autre, le Pr Dominique Belpomme, rappelle que la plupart des maladies dites de civilisation (et même le sida, dit-il) sont « fabriquées par l’homme ». Entendez par un mode de vie, individuel et collectif, ne répondant pas aux véritables besoins de nos cellules, de notre organisme, de notre psychologie, de notre esprit. On ne peut pas tricher avec la biologie.
Quels sont les principaux facteurs qui, dans notre monde moderne, au Nord comme au Sud, affaiblissent notre immunité ? Les pollutions, ainsi qu’une alimentation inadaptée sont à placer en tête de liste. De même que l’excès de stress. Et la sédentarité. Ces facteurs entraînent des dysfonctionnements dans nos cellules, ainsi que dans des organes clés pour l’immunité – l’intestin, le foie, les systèmes hormonal et nerveux. Affaibli, à la fois encrassé et carencé, l’organisme devient vulnérable à toutes les infections. Un cercle vicieux s’installe, s’aggrave. Comment en sortir ?
Echapper aux pollutions évitables
Elles sont dans l’air des villes et des habitations : ozone et autres produits de la combustion des moteurs, métaux toxiques (plomb, cadmium, etc.), particules fines (diesel), pesticides que les vents transportent, fumées de cuisson, produits chimiques divers (matériaux de construction, colles, peintures, plastiques, etc.)… et tabac bien sûr ! Inhalés, tous ces poisons engendrent des inflammations, bronchiques, circulatoires, cellulaires.
Il faudrait donc aller respirer souvent loin des axes routiers et des centres villes, assainir et aérer son lieu d’habitation, et arrêter de fumer. Le tabagisme rend plus fragile face à tous les virus, et favorise ensuite les infections opportunistes.
Les pollutions sont aussi dans l’eau non potable (à faire bouillir ou filtrer), dans les végétaux et les animaux produits par une agro-industrie non naturelle. Beaucoup de médicaments font baisser l’immunité (anti-inflammatoires, corticoïdes, etc.). En décimant la flore intestinale, les antibiotiques à répétition favorisent les mycoses et les bactéries nocives et résistantes.
Manger juste et sain
La nutrition idéale est sobre, naturelle et fraîche, en bonne partie crue. Bannir ou limiter au maximum ce que le Dr Jean-Paul Curtay nomme « les tueurs en habits blancs » : sucre blanc, pain blanc, farines blanches, riz blanc, sel blanc ; de même que gâteaux, biscuits, pizzas, chocolat au lait, café au lait, graisses saturées (qui inhibent la formation des lymphocytes), sodas, excès d’alcool, glaces… La « nourriture poubelle », avec ses additifs, ses longues conservations et ses cuissons agressives, fait chuter l’immunité. Consommer beaucoup de légumes surtout frais et crus, des fruits mûrs ; des bonnes matières grasses crues (huiles de première pression à froid), des graines oléagineuses (noix, amandes, etc.), assez de protéines surtout végétales : graines germées, légumineuses associées à des céréales complètes, algues (www.lanutrition.fr).
Bouger !
Vive l’exercice physique modéré mais régulier… Une demi-heure de marche rapide et quelques étages grimpés à pied chaque jour sont un minimum vital. Lever quelques poids, sauter cinq minutes avec ou sans corde, s’assouplir, s’étirer. Danser. Transpirer souvent pour se détoxiquer.
Mieux gérer les stress
Le stress chronique empêche de bien digérer, de bien dormir, de respirer à fond et calmement. Il augmente le « mauvais » cholestérol, favorise l’hypertension, le diabète et les troubles cardiovasculaires, déséquilibre les systèmes nerveux et hormonal ; il entraîne par divers mécanismes connus un affaiblissement de l’immunité. « Il existe des liens très forts, explique le psychiatre David Servan-Schreiber, entre notre cerveau émotionnel et notre système immunitaire, avec des conséquences sur de nombreuses pathologies, allant du rhume au sida. » (www.guerir.org). A Los Angeles, une étude a montré que chez des sidéens sous trithérapie, plus le stress est élevé, plus le virus se multiplie.
Il est donc important, si l’on n’est pas né doté d’une heureuse nature, d’apprendre à favoriser une adaptation juste aux « agressions » quotidiennes. Les trois points ci-dessus apportent déjà une partie de la solution. Puis, à chacun selon ses besoins particuliers : magnésium, vitamine C, plantes dites « adaptogènes », sophrologie...
Récupérer, se recentrer, se réjouir
La plupart des habitants de nos villes modernes manquent de repos récupérateur et de sommeil. Ce qui fait aussi baisser les défenses. Pour se recentrer, les moyens sont nombreux, de la respiration calme et consciente au tai chi chuan, en passant par les indispensables contacts avec les plantes et la nature. Savoir se réjouir, seul, en famille ou avec des amis. Et rire : il est scientifiquement prouvé que ça renforce l’immunité. Ainsi que le rappelle le Dr Thierry Janssen, spécialiste en psycho-neuro-immunologie, « de nombreuses études le montrent : en aidant à réduire l’émotion négative et en favorisant l’émergence d’une pensée positive, on stimule les mécanismes réparateurs et les défenses immunitaires de l’organisme.
(www.thierryjanssen.com).
Assainir l’intestin
Ce point est capital : 70 % de la réponse immunitaire a lieu dans le système ganglionnaire associé à l’intestin. En cas de maladie, d’infection, de sida notamment, l’intestin est le siège d’une forte inflammation. Lutte contre la constipation et la diarrhée, les parasites, les mycoses (grâce aux extraits d’arbre à thé, d’origan, de propolis, etc.) ; alimentation riche en fibres douces, en chlorophylle et en antioxydants (légumes, fruits, bonnes huiles de type oméga 3), ainsi que, si besoin, de nombreuses plantes bien connues des phytothérapeutes aideront à favoriser une santé de l’intestin et de sa muqueuse qui sont indispensables à l’immunité.
Soulager et aider le foie
Autre organe-clé pour l’immunité : le foie, qui a plusieurs centaines de fonctions, dont la détoxication et la fabrication de diverses protéines dont certaines font partie de la réponse immunitaire. Un mode de vie et une nourriture malsains (voir plus haut) l’encrassent, l’engraissent, le fatiguent et l’empêchent de faire son travail. Il a été montré que, chez les porteurs du virus de l’hépatite C, les hommes consommant régulièrement de l’alcool pouvaient perdre 5 années de vie, et les femmes… 12 années ! Les sucres, l’excès de farineux, les graisses cuites surchargent également le foie. De nombreux médicaments (anti-diabétiques, anti-fongiques, anti-tuberculeux, quelques ARV, des antibiotiques notamment, etc.) peuvent être très toxiques pour cet organe (www.catie.ca, voir « toxicité hépatique »). En 2005, une vaste étude britannique a montré que l’acétaminophène, nom anglais du paracétamol, arrive en tête parmi les molécules causant des hépatites toxiques graves. Quand l’usage de ces produits chimiques est vraiment indispensable, il est essentiel de protéger le foie grâce à des plantes (Silybum marianum, Desmodium, etc.).
Adopter des « super-aliments »
Dans les pays du Nord, notamment anglo-saxons, de plus en plus de séropositifs ou de malades du sida, qu’ils soient sous trithérapie ou pas, ont accès à de l’information, à des thérapeutes conseils, à des produits naturels permettant de renforcer l’immunité (zinc, magnésium, sélénium, vitamines naturelles, enzymes, papaye fermentée, L-glutamine, bonnes bactéries, champignons médicinaux, etc.). Il est bon, en plus d’une nutrition saine qui apportera quantité de micronutriments, de privilégier au quotidien des « super-aliments » que l’on peut trouver ou cultiver partout dans le monde : graines germées, aromates fraîches à commencer par de l’ail (antiviral, antibactérien et antifongique), gingembre, curcuma, thym, origan, produits de la ruche, algues et notamment spiruline à bonnes doses.
Se vouloir du bien et y croire !
Chacun devrait prendre soin de soi comme il le ferait d’un enfant qu’il aime. On peut suivre un traitement pour une maladie sérieuse, mais on ne peut pas tout demander à un médecin (surtout si, comme souvent en Afrique, il n’y en a pas à proximité !) ou à une médecine en particulier. Notre bonne santé dépend souvent d’abord de nous, elle s’entretient et se renforce chaque jour. « Soyez indulgent avec vous-même, essayez de garder une attitude positive », recommande ainsi la FAO dans le manuel Vivre au mieux avec le sida. Comme le dit Lark Lands, docteur ès sciences et pédagogue de longue date en matière de sida (www.larklands.net), « travailler à sa santé n’est ni toujours facile ni forcément marrant. Mais c’est indispensable ».

