Forme & Santé
OMS : Laboratoires de proximité, épidémies neutralisées
Six représentants de l’organisation mondiale de la santé (OMS) étaient présents à Lyon du 9 au 11 avril. Objectif des conférences : compléter le réseau international de 11 centres de recherche grâce à la construction de petits laboratoires dans tous les pays sous développés. Un même espoir : stopper l’évolution des maladies.
Eviter le gaspillage pour une médecine efficace
La santé publique est un domaine qui inquiète. Rares sont les fois où l’OMS se regroupe pour traiter du problème dans sa globalité. Six médecins étaient réunis à Lyon à cette occasion. Dr Sébastien Cognat et Dr Christian Mathiot, du bureau de l’OMS à Lyon, Dr Seydou Diarra, chef d’un laboratoire bactériologique et chercheur à l’institut national de recherche en santé publique, du Mali, Dr Guénaël Rodier, directeur suisse du département surveillance et réponse aux épidémies de l’OMS ainsi qu’un américain, Dr John Ridderhof spécialiste dans les maladies infectieuses. Un séminaire de trois jours dans « la ville Lumière » pour défendre la cause des pays démunis frappés par des vagues d’épidémies. Des populations entières sont parfois touchées. Le manque de connaissance, de moyens amène parfois à soigner des maladies qui n’existent pas. Pendant ce temps, d’autres prolifèrent. « C’est impressionnant le nombre de patients qui sont traités pour des maladies qu’ils n’ont pas, » justifie Dr Rodier.
Le constat est alarmant. Selon le Dr Ridderhof, en 2007, seuls 5% des tuberculoses étaient détectés. En cause : la pénurie de laboratoires dans des zones marginalisées.
« Notre but aujourd’hui, explique le Dr Rodier, c’est d’éviter qu’un virus se propage. Pour cela les pays ont besoin de laboratoires spécialisés capables de détecter les causes de ce virus. Ainsi, il sera possible de le neutraliser au plus vite. Pas besoin d’infrastructures très développées pour donner de bons résultats. Un petit laboratoire dans la périphérie de Bamako, au Mali peut être beaucoup plus efficace et donner des résultats bien plus satisfaisants qu’un centre de recherches basé aux Etats-Unis. »
« Un laboratoire de proximité est plus fiable qu’un centre de recherches international »
En effet, « il n’est pas rare que des échantillons se perdent dans la nature, ajoute le Dr Ridderhof. Un prélèvement effectué sur un enfant au Mali doit aujourd’hui parcourir des milliers de kilomètres avant que l’on trouve le germe infectieux. Et parfois, les résultats sont faussés. Ou bien, le nom du malade s’est effacé. »
Pour palier ce problème, les médecins sont d’accord. « Il faut privilégier des laboratoires de proximité capables de donner des résultats sûrs et rapides. Et ce, au profit de gros centres disséminés aux quatre coins du monde dont les conclusions peuvent être erronées. »
Cette conférence est donc un moyen de sensibiliser et de prouver qu’avec peu de moyens financiers, chacun peut contribuer à améliorer les conditions de vie des pays défavorisés. « Les problèmes de santé publique sont mis de côté par les gouvernements. Le peu d’argent qu’ils ont, ils le gaspillent ailleurs. De fait, les maladies subsistent. La santé publique doit faire partie intégrante des projets de lois. » Louis Pasteur estimait que « les laboratoires étaient les temples du futur ». Le Dr Ridderhof complète en soulignant que « la santé est un problème de société. Par conséquent, les chefs d’Etat doivent investir dans les laboratoires pour se débarrasser de tous ces parasites dévastateurs. » La question de santé publique doit donc être inscrite dans les plans nationaux. « L’argent n’est pas le souci premier, continue Dr Rodier. L’OMS a des partenariats avec des industries mais sans la collaboration des Etats et de leur gouvernement, nous ne pouvons pas avancer. Il faut simplement leur prouver qu’un centre de recherches local coûte beaucoup moins cher qu’un laboratoire international dont les résultats doivent sans cesse être revus. La détection facilitée, l’intervention physique et les soins prodigués par l’OMS seraient accélérés. Ainsi, de nombreuses vies pourraient être sauvées… »
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OMS : http://www.who.int/fr/

