Forme & Santé
Chirurgie: Un secteur en panique
Les chirurgiens sont en colère. Hier le Syndicat National des Chirurgiens Orthopédistes et celui des Chirurgiens Viscéraux et Digestifs ont monté le ton à Lyon. Ils ont réuni les journalistes pour dénoncer la dégradation de leurs conditions de travail. Le Ministère de la santé est pointé du doigt: il ne paraît pas disposé à améliorer la situation. Pour les syndicats, à terme, les premiers touchés seront les patients.
« France, ta chirurgie fout le camp », le ton est donné, les chirurgiens sont en colère. En tête des mécontentements: la question des dépassements d’honoraires. Les syndicats estiment qu’il y a un décalage entre la réalité et la vérité. Les tarifs de la chirurgie n’ont presque pas été revalorisés en vingt ans: à peine sept euros; alors que le coût de la vie, lui, ne cesse d’augmenter.
Dans ces conditions, ils défendent le secteur II qui autorise les compléments d’honoraires. En effet, les chirurgiens exerçant en libéral peuvent adapter leurs tarifs. Ils n’ont pas de prix fixes comme dans le milieu hospitalier. Une pratique très souvent montrée du doigt: le Ministère de la Santé manœuvre depuis plusieurs années pour éradiquer le secteur II. Les syndicats s’y sont toujours opposés voyant dans l’exercice libéral, une alternative intéressante à l’hôpital.
« Nous faisons le plus beau métier du monde mais nous avons de moins en moins les moyens de l’exercer ». Presque découragé, le docteur Jacques Caton, Président du SNCO, a exposé les problèmes financiers de la profession. Certes les chirurgiens ne sont pas les plus à plaindre, mais pour les syndicats, on va vers une éradication de la profession. Les réformes sont nombreuses, les conditions d’exercer changent régulièrement. Face à toutes ces modifications, les jeunes étudiants se découragent. A titre d’exemple, aujourd’hui, il n’y a que 27 chirurgiens viscéraux formés par an alors qu’il en faudrait quatre fois plus.
On comble donc le vide avec des chirurgiens extra européens qui n’ont parfois pas la formation nécessaire pour pratiquer. La main d’œuvre étrangère est moins chère mais aussi moins formée. « Nous, ce qu’on veut c’est opérer moins pour opérer mieux ». Le docteur Jean Louis Peix, Coordinateur national de l’enseignement, dénonce une course aux rendements. Presque 100h par semaine, une vie inadaptée pour les femmes qui représentent à peine 3,7% en chirurgie orthopédique, les professionnels demandent plus de considération. Aujourd’hui, leur tarif horaire est de 71 euros l’heure entre celui du garagiste et celui de l’ascensoriste.
En résumé, ils attendent d’être revalorisés. La chirurgie coûte chère. Si le Ministère n’accepte pas qu’ils augmentent leurs tarifs, ce sera aux patients de payer plus. « Il faut que quelqu’un paie l’acte médical à sa juste valeur ». Pour Jean Louis Peix et les autres, des réponses sont attendues le 4 octobre. Les syndicats ont prévu une réunion nationale en même temps que les discussions au gouvernement.
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