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Politique lyonnaise : un livre sur les dessous de campagne
Journaliste depuis 3 ans au service politique pour le quotidien régional Le Progrès, Jacques Boucaud publie un livre sur les dessous de la campagne municipale qui a agité la capitale des Gaules. Dès l’arrivée de l’ancien Garde des Sceaux entre Rhône et Saône, beaucoup tablaient sur un duel âpre et intense entre Gérard Collomb et Dominique Perben. Or, il n’en fut rien. Le maire fût de nouveau plébiscité par les urnes, quant au candidat malheureux UMP, il voit s’assombrir son avenir politique. Retour en 170 pages sur les coulisses d’une défaite cuisante.
J. Boucaud dégaine sa plume et plombe Perben
Un livre qui colle au plus proche de l’ « actu », de quoi faire bondir les ventes.
Se présentant sous forme de journal de campagne, l’ouvrage de Jacques Boucaud recèle plus de ressentis qu’une analyse approfondie limitée par les délais de bouclage… Pas de scoop, de petites histoires de couloirs, de sombres phrases assassines glanées de-ci de-là. Qui diantre ce livre peut-il intéresser vraiment ? Quelle réelle valeur ajoutée apporte-t-il à celui qui a suivi les pérégrinations électorales au quotidien ?
Jacques Boucaud se démène à expliquer les raisons d’une défaite de cette ampleur, qui en a surpris plus d’un. En premier lieu, Dominique Perben ne s’est jamais dépêtré de cette image de « parachuté » qui lui a collé ostensiblement à la peau depuis son retour sur Lyon. « Il est lyonnais d’accord, mais de son départ en 1983 à son retour 20 ans plus tard, la ville s’est métamorphosée. Un bouleversement que Perben n’a jamais su prendre en compte » précise-t-il.
En automne 2007, tout était encore permis, les sondages promettaient un duel au sommet, puis vint Janvier et le déclin de l’empire perbenien. « Personne n’a accroché à la dynamique impulsée par Perben, y compris les gens de droite qui affichaient ouvertement leur refus de voter pour lui ». Ignorer l’appareillage local UMP ne peut se faire non sans conséquence, d’autant plus que le rapprochement avec les millonistes, sous couvert de rassemblement, a effrayé le centre droit et son précieux électorat. Malheur à Perben d’avoir également sous estimé son rival, au profil radicalement différent : l’un issu de la bourgeoisie lyonnaise, l’autre d’un milieu beaucoup plus modeste. « Perben a une espèce de pudeur, de par son éducation chez les jésuites, qu’il appelle le respect. » Or, aux yeux des gens, cela s’apparente à une froideur pour le moins fâcheuse pour tout homme politique moderne, souhaitant séduire au minima en pleine échéance électorale…« Collomb n’a même pas eu besoin de faire campagne, il a surfé jusqu’au bout sur un bilan jugé bon par la majorité des Lyonnais » poursuit Jacques Boucaud.
Quid de l’avenir de Perben ? Le soir du 6 mai, il était dans le bureau de Sarkozy, puis s’est rendu, tout à son honneur, à la Concorde écouter l’hymne à la joie chanté par des artistes, disparus depuis de la scène médiatique. « En dehors de missions parlementaires, cela m’étonnerait de le voir revenir prochainement dans un ministère ! Auparavant Sarkozy le détestait, mais lorsque Perben était Garde des Sceaux, il fut l’un des premiers à le prévenir qu’il était sur les listes Clearstream ». Une bien heureuse reconnaissance qui a permis à Perben d’aller saluer le Pape au Vatican… En attendant de se retrouver en odeur de sainteté à l’Elysée, il y a tout de même un Rubicon à franchir.
Jacques Boucaud
Comment Collomb a terrassé Perben
Les éditions Le Dauphiné Libéré
20 euros, en kiosque et rayons de la Fnac