Livres & Musique
Richard Bona : le « repos » du show man
« Après chaque concert, les gens me disaient toujours qu’ils voulaient garder une trace du spectacle qu’ils venaient de vivre. C’est pourquoi j’ai enregistré cet album. Il s’adresse à mes fans », affirme Richard Bona, le maestro camerounais. Avec Bona Makes You Sweat (« Bona vous fait transpirer »), son premier disque live sorti chez Universal jazz, l’artiste tient sa promesse.
Enregistré durant l’été 2007, ce CD nous plonge dans l’ambiance à la fois intimiste et festive du club A 38 de Budapest, grâce notamment à un bonus vidéo. « Le public hongrois est l’un de mes plus fidèles au monde », précise Richard Bona. Sur les huit titres sélectionnés, on retrouve en ouverture le climat latin jazz bien cuivré du morceau « Engingilaye & Te Dikalo » sur plus de treize minutes ! Un régal. Tandis que sur « Kivu & Suninga », le bassiste-chanteur rappelle son empreinte free-jazz, celle du groupe Weather Report de la grande époque où sévissait le regretté Joe Zawinul. Quelques plages plus loin, on retrouve « Indiscretions & Please Don’t », une chanson qui confirme en concert – si besoin était – que l’instrumentiste est aussi une voix digne de faire ombrage à Georges Benson. Un timbre aux multiples facettes comme le montre également « Samaouma », polyphonie a cappella, dont la dimension se rapproche des chants d’église qui ont bercé son enfance dans le village de Minta, à l’est du Cameroun. Peu bavard avec son public entre chaque session, hormis les inévitables « thank you », le musicien, pétri de culture new-yorkaise, se rattrape dès les premières mesures, en insufflant un groove communicatif propre à sa musique. A travers cet album live, Richard Bona marque une pose discographique après quatre albums studio. Un « repos » salutaire qui met en avant son côté show man : « Je suis un homme de scène avant tout, je tourne énormément, que ce soit aux Etats-Unis ou en Europe, comme en ce moment. J’aime vraiment jouer pour les autres. » Reste à attendre le prochain véritable nouvel album de l’artiste qui est déjà en boîte. Car, ne l’oublions pas, Richard Bona est un bosseur. Pendant ses longues tournées, entre deux avions, il compose dans les chambres d’hôtels, grâce à son inséparable studio portable.
En savoir plus : www.bonatology.com
