Lyon
Un symposium européen pour un Centre de la Mémoire Arménienne
Décines, encore appelée la « Petite Arménie », devrait bientôt accueillir un Centre de la Mémoire Arménienne. Aujourd’hui peu accessibles, de nombreux ouvrages numérisés y seraient réunis, pour favoriser la mémoire et faire vivre la culture arménienne dans la région Rhône-Alpes, troisième berceau d’accueil français pour cette communauté. Pour établir les grands axes de développement du projet ...
Décines, encore appelée la « Petite Arménie », devrait bientôt accueillir un Centre de la Mémoire Arménienne. Aujourd’hui peu accessibles, de nombreux ouvrages numérisés y seraient réunis, pour favoriser la mémoire et faire vivre la culture arménienne dans la région Rhône-Alpes, troisième berceau d’accueil français pour cette communauté. Pour établir les grands axes de développement du projet et affirmer sa nécessité, un symposium européen dédié à l’étude de la mémoire collective des communautés arméniennes vivant en France et en Europe aura lieu le 25 mai à la Préfecture du Rhône et le 26 mai à l’Hôtel de Ville de Lyon.
50 000 à 60 000 Arméniens ou Français d’origine arménienne vivent en région lyonnaise, dont environ 3 000 à Décines. La France dans son ensemble a été une terre d’accueil pour les émigrés arméniens. Aujourd’hui, l’intégration de cette communauté à la société française est souvent qualifiée d’ « exemplaire » Mais comment faire vivre l’histoire de son pays d’origine, comment perpétuer la mémoire quand on est à des centaines de kilomètres de sa terre ? Pour cela, des Maisons de la Culture arménienne ont fleuri un peu partout en France et notamment à Décines, où, depuis 1977, les personnes d’origine arménienne peuvent découvrir les danses traditionnelles, la langue, l’histoire. Cette Maison de la Culture, après 30 ans de bons et loyaux services, devait être rénovée. Les responsables ont alors eu l’idée, en 2004, de la transformer en Centre de la Mémoire arménienne, mais aussi de mettre en place un réseau de centres européens avec Vienne, Venise et d’autres villes françaises et allemandes. Ainsi, les quelques 500 000 manuscrits arméniens que l’on trouve à l’Ile Saint Lazare à Venise et qui sont aujourd’hui difficilement consultables, devraient être numérisés et rendus accessibles à tous les membres du réseau mis en relation par Intranet. Chaque centre bénéficierait alors des documents des autres centres, livres, photographies de monuments, et même des textes moins officiels. De nombreuses familles d’origine arménienne sont en effet en possession de véritables archives, sans le savoir. Le centre de Décines leur proposera de copier ces documents précieux pour sauver ce qui peut encore être sauvé : de nombreux livres, papiers administratifs, photographies, sont jetés par des familles n’ayant plus de rapport à la culture arménienne. Le grand public pourrait donc avoir accès à tous ces documents pour faire vivre la mémoire.
Le centre devrait aussi faire le point sur la vie des Arméniens en France. « Il est nécessaire de constituer la mémoire et de la transmettre », rappelle Hilda Tchoboian, directrice de la Maison de la Culture arménienne. « Il faut transmettre l’expérience arménienne en France, qui date de quatre générations, et les particularités dans la manière de s’intégrer à la société française. La communauté a participé à la résistance et aux combats pendant la seconde Guerre Mondiale par exemple, alors que beaucoup d’Arméniens n’avaient pas la nationalité française… Pourtant, on ne connaît pas encore tous les résistants arméniens qui ont libéré les villes du sud de la France. Tous ces faits n’ont pas encore trouvé de place dans l’Histoire de France. » La mémoire arménienne veut donc s’intégrer à la mémoire française.
Le symposium européen dédié à l’étude de la mémoire collective des communautés arméniennes vivant en France et en Europe, qui aura lieu le 25 mai à la Préfecture du Rhône et le 26 mai à l’Hôtel de Ville de Lyon, devrait permettre de définir les futures orientations du Centre. En présence de Jacques Toubon, Président de la Cité nationale de l’Histoire de l’Immigration, d’Edouard Nalbandian, Ambassadeur d’Arménie en France, de Levon Mekertchian, Ministre arménien de l’Education, archivistes, politologues, historiens et sociologues analyseront la place de la mémoire collective au sein des sociétés contemporaines, s’interrogeront sur les enjeux et la construction de la mémoire et de sa transmission dans l’espace public et privé et étudieront la place de l’expérience arménienne dans la mémoire européenne. Le symposium devrait aussi mettre en place le réseau de centres européens et prouver que le Centre de la Mémoire de Décines est un projet de qualité qui peut apporter un plus aux collectivités. Il devrait permettre de dépasser la mémoire du génocide et confirmer l’intégration de la communauté arménienne à la société française, et plus que cela, à l’Europe.
Amélie DUCHAMPT
Lors du symposium : traduction simultanée en Français, Arménien, Allemand, Anglais.
Thèmes abordés : le 25 mai de 10h à 12h15 : Histoire et Mémoire ; Connaissance, Reconnaissance et Mémoire ; Construction et Enjeux de la Mémoire dans l’espace public et privé ; Mémoire, Identité, Patrimoine, Culture ; Du partage de la Mémoire.
Le 25 mai de 14h30 à 18h30 : Place de l’expérience arménienne dans la Mémoire européenne ; Mémoire des villes en France (Lyon, Décines, Saint-Etienne, Valence, Vienne, Marseille, Alfortville) ; Mémoire et littérature arméniennes ; Histoire des communautés arméniennes en Europe.
Le 26 mai de 9h à 11h : interventions des représentants des Centres de la Mémoire de France et d’Europe
Participation du public : 5€.
Pour en savoir plus :
Contacter la Maison de la Culture arménienne au 04 78 49 42 97
