Lyon
Lyon : Montluc, 63 ans après, on n’oublie pas
Il y a 63 ans, jour pour jour, les détenus de la prison de Montluc étaient libérés. De 1942 à 1944, ils ont subit la peur, les tortures et l’humiliation. Huits par cellules de 3.5 m², des conditions qu’on ne peut pas imaginer. Plus qu’une commémoration, ces rescapés représentent le témoignage d’une guerre que l’on ne connaît plus que dans les livres. La prison de Montluc dans le 3e arrondissement...
Il y a 63 ans, jour pour jour, les détenus de la prison de Montluc étaient libérés. De 1942 à 1944, ils ont subit la peur, les tortures et l’humiliation. Huits par cellules de 3.5 m², des conditions qu’on ne peut pas imaginer. Plus qu’une commémoration, ces rescapés représentent le témoignage d’une guerre que l’on ne connaît plus que dans les livres.
La prison de Montluc dans le 3e arrondissement a été construite en 1921. Ce n’est qu’en 1942 qu’elle rentrera dans l’Histoire. Une Histoire bien sombre de la Seconde Guerre Mondiale. Le 11 novembre de cette année, les allemands la réquisitionnent pour y enfermer les juifs et résistants. Entre 1943 et 1944, plus de 7000 « suspects » sont emprisonnés. La plupart sont des gens enlevés au hasard dans la rue. Pas de lit, ni de toilette, 3.5 m² d’espace à se partager en huit… « Même si les conditions dans les camps étaient beaucoup plus dures, je n’oublierais jamais l’enfer que j’ai vécu dans cette prison » témoigne Georges Tassani, prisonnier et rescapé de Montluc. En plus des conditions de vie désastreuses, les détenus sont soumis à la torture. Et quand l’heure de la délivrance a sonné, c’est la peur de l’extermination qui leur a pris au ventre.
Le 15 août 1944, les Alliés remontent la Vallée du Rhône, jusqu’à Lyon. Les massacres de détenus se multiplient. 120 prisonniers seront exécutés à Saint Génis-Laval. C’est le « grand ménage ». Le capitaine Boesche qui tient la prison refuse de se rendre. Montluc sera libéré grâce au courage d’un homme : le résistant Koenig. Le 24 août, il se déguise en soldat allemand, il se rend au domicile du commandant de la prison, il appelle Boesche et dans un allemand impeccable, il lui ordonne de quitter la prison. Le capitaine suit les ordres pensant les recevoir de son supérieur. Les détenus sont libérés. Cette date restera dans les mémoires de ceux qui l’ont vécu.
Aujourd’hui, un homme perpétue ce souvenir. Georges Tassani a créé l’association des rescapés de Montluc : « On est plus bien nombreux, c’est pour cela qu’il faut commémorer la libération tous les ans, pour que personne n’oublie et que quelqu’un reprenne le flambeau à notre mort. » Il a comme projet de transformer la prison en lieu de mémoire. Des mises en situation, des visites, des anecdotes… Il veut en faire un musée et un mémorial. Seul problème : Montluc est devenu une prison pour femmes, elle compte encore soixante trois détenues. L’association ne peut rien faire tant qu’elles n’auront pas été transférées à Corbas. Mais l’ex résistant ne lâche pas. Il a le soutien du Département et de l’université Jean Moulin qui voudrait s’associer au projet. En attendant, il organise des visites de la prison. « Malgré les dégradations et les rénovations, les lieux n’ont rien perdus de leur souvenirs. Je sens toujours une odeur de mort. »
La cérémonie du 63e anniversaire de la libération de Montluc se déroulera, rue Jeanne Hachette, vendredi 24 août à 18h.
Si vous voulez participer à la visite de la prison en septembre, veuillez contacter Georges Tassani au 04 78 84 22 60
www.memoire-net.org/article.php3?id_article=32
www.fr.wikipedia.org/wiki/Montluc
