Lyon
Prison : l’AMAF à la rencontre des détenus
L’AMAF (association des amis de l’Afrique francophone) a été, avec l’aide du Père Féroldi, aumônier des prisons de Lyon, à l’occasion de la messe dominicale à la rencontre de détenus à la prison St Paul. Un moment exceptionnel et enrichissant.
Le soleil brille, il fait doux devant la prison St Paul, ce dimanche d’avril. Nous retrouvons Delphine Baya, présidente de l’AMAF. Delphine projetait depuis longtemps de rencontrer des détenus afin de partager, comme l’association l’a fait cet hiver avec des sans abris, des instants de fraternité. Delphine a demandé à ses amies de la Chorale d’Aclco-Banna-Mboka de venir animer la messe. Marie-Louise, la présidente de la chorale a répondu présente comme les 3 jeunes femmes qui l’accompagnent. Le Père Féroldi, dynamique aumônier des prisons de Lyon, s’est chargé de toutes les démarches administratives. Nous passons les différents sas de sécurité, déposons nos portables et entrons. La prison est vieille, (elle fût construite dans les années 1850 et lépreuse. Heureusement, la prison de Corbas prendra le relais l’année prochaine, l’urgence du déménagement est palpable. Nous suivons les gardiens qui nous emmènent vers la chapelle, située sous les toits. Par les fenêtres, on aperçoit les promenades : ces espaces exigus qu’arpentent les prisonniers. Tout ici est vétuste et d’un autre temps.
Les chanteuses chauffent leurs voix pendant que le père, aidé par une religieuse et une laïque, installe la table pour célébrer la messe. Peu à peu, des détenus arrivent, ils sont une cinquantaine et nous regardent un peu surpris. La surveillance est là mais discrète. Les chants animeront toute la célébration. La chaleur des voix réchauffe l’atmosphère, tout le monde frappe dans ses mains, certains sourient, simplement heureux de ce moment. A l’issue de la messe, nous pouvons discuter. Certains détenus s’avancent, serrent la main des artistes. Nous ne parlerons pas de la maisopour laquelle ils sont là mais de la solitude, de la promiscuité, de la joie de retrouver les siens au parloir, de la perspective d’une sortie. Le temps marque une pause.
Delphine est émue comme nous tous d’ailleurs, « J'ai été très touchée par leur attention à notre égard. Nous leur avons uniquement offert notre voix et discuté avec eux ils ont apprécié ces moments que nous avons passés ensemble. C'était notre manière de contribuer au bien de vivre tous ensemble avec ces prisonniers. Nous avons (Les Amis de l'Afrique Francophone et Aclo Bana Mboka) voulu leur dire par nos chants que la francophonie n'exclut personne. ».

