Jeudi, aux quatre coins de Lyon se fêtait la reddition de l’Allemagne nazie. L’Europe meurtrie retrouvait une paix chèrement payée. L’Association des Amis de l’Afrique Francophone ( AMAF) a tenu, pour la 4ème année en ce jour de mémoire, à honorer les milliers de soldats venus d’Afrique pour participer à la libération de notre pays.
Du cimetière militaire de la Doua au Tata sénégalais
L’hommage débuta au cimetière militaire de la Doua. Dans cette vaste nécropole, reposent des combattants étrangers tombés sur notre sol. Américains, Marocains, Canadiens, Tunisiens, Sénégalais, Russes… Des hommes venus d’ailleurs qui n’avaient pas la même langue, la même religion voire la même couleur de peau. Ils sont là, réunis dans la mort, tous égaux. Le grand Rabbin de Lyon, Richard Wertenschlag exprima, dans sa prière, une très belle pensée universelle de paix soulignant que nous sommes tous des enfants d’Abraham. Il exhorta les personnes présentes à ne pas négliger le devoir de mémoire, « il est une nécessité pour combattre les régimes qui tuent, martyrisent, avilissent des êtres humains ». Un jeune collégien, Pierre –Henri Roland soulignait quant à lui, que ce devoir est un moyen d’éviter de renouveler les erreurs passées. « Je suis fier d’être un témoin de cette histoire » concluait-il avant de déposer une gerbe.
Delphine Baya, la présidente de l’AMAF emmenait ses compagnons à Chasselay où les murs rouges du Tata sénégalais accrochent le regard. Dans ce cimetière dédié aux 180 soldats sénégalais exécutés par les SS en 1940 après un combat héroïque. Il fût érigé en 1942 pour honorer cette bravoure. Monsieur Cheikh Sadibou Diallo, Consul Général du Sénégal à Lyon, Pascal Bernard-Granger, maire de Chasselay, Mr Gaci, représentant du culte musulman en Rhône-Alpes et les nombreuses personnes présentes assistèrent à la montée des couleurs. Mr le Consul Général rappella , non sans émotion, que « ces soldats d’ailleurs avaient sacrifié leur vie pour un idéal auquel ils croyaient : une France libre et digne ». Ceux qui survécurent à deux jours de combats, furent exécutés sans hésitation par l’armée allemande. « Ce lieu de recueillement est le symbole des liens qui unissent nos pays, des liens de fraternité et de respect. Ainsi les tirailleurs « sénégalais » étaient marocains, algériens, soudanais, ivoiriens, centrafricains, tchadien, gabonais, camerounais ou encore malgaches ou béninois. Bref, issus de tout l’empire colonial français en Afrique. Le Consul souligna que l’Histoire doit retenir que pour le débarquement du 15 août, la moitié des 250 000 hommes de l’armée française de libération était issue d’un Continent, où fut instaurée (au Tchad) la première capitale de la France libre du Général De Gaulle. Sur les 170 000 tirailleurs engagés dans la seconde Guerre Mondiale, 40 000 trouveront la mort, quelque 72 000 seront blessés. C’est, entre autres, pour tous ces sacrifices et contre l’oubli que cette cérémonie prenait toute sa valeur.
Cette matinée du souvenir se termina à la mairie du 8 ème où Naïma Gamaz-Benjamin adjointe soulignait que la collectivité a elle aussi son rôle à jouer dans la préservation de la mémoire.
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http://www.mairie-chasselay.fr/esprit_village/histoire/tata.htm