Lyon
Lyon dialogue en humanité autour du Bangladesh
Jusqu’au 6 juillet, le Parc de la Tête d’Or accueille les Dialogues en Humanité.Cette année Nurjahan Begum et Eric Lesueur sont les invités de ces 3 jours riches en réflexion
Les Dialogues en Humanité sont nés en 2002 lors du Sommet Mondial de Johannesburg, grâce à la rencontre entre Gérard Collomb et Patrick Viveret (philosophe). Alors que beaucoup se posent des questions sur des thèmes divers et variés, la question humaine n’a jamais été abordée. Aujourd’hui, force est de constater que le monde ne va pas très bien : culture, climat… Ce n’est pas pour autant que l’on doit rester sur un registre fataliste, mais essayons ensemble de répondre à ces questions, dans un esprit festif. Pour cette 7e édition, Dialogues en Humanité accueille Nurjahan Begum, Général Manager de la Grameen bank. Geneviève Ancel, coordinatrice des Dialogues en Humanité qualifie cette présence chaleureuse « d’illustration symbolique de ce qu’on a voulu mettre en avant cette année ». Leur pari se résume à trois mots : ouvrir, réfléchir, agir.
Nurjahan Begum présente son engagement auprès des femmes du Bangladesh. Elle travaille en effet pour supprimer la pauvreté. Contrairement aux idées reçues, la pauvreté n’est pas créée par les pauvres. Ils sont dans un système qui ne leur permette pas de résoudre efficacement les problèmes. Elle raconte de manière placide la condition des femmes au Bangladesh : rester à la maison, faire des enfants et s’en occuper, assurer leur éducation. Les hommes pouvaient quant à eux divorcer comme ils voulaient, ainsi que se marier le nombre de fois qu’il le souhaitait. Il était aussi possible de voir des filles de 11/12 ans mariées avec des hommes de 18 ans. Un proverbe au Bangladesh raconte que « heureux l’homme qui perd sa femme, malheureux celui qui perd sa fille ». On s’aperçoit combien la femme à un rôle réduit à néant. C’est pour vaincre cette discrimination entre homme et femme que Nurjahan Begum a souhaité intégrer les femmes dans le processus du micro-crédit. Sa lutte c’est avant la lutte contre les rumeurs, la superstition, l’ignorance qui ont envahi le Bangladesh. Une ses ambitions était la construction de toilettes. Ensuite, grâce aux groupes que constituaient les femmes, ils ont envisagé des emprunts pour la maison, en fournissant les 4 extrémités de la maison et le toit. L’une des conditions majeures pour obtenir un prêt était d’avoir des toilettes. Aujourd’hui, ils comptent 7 millions d’entrepreneurs dont 97% sont des femmes. Les mentalités changent, une lueur d’espoir pour les pays qui vivent encore dans des situations similaires ! Désormais, il est plus difficile pour les hommes de divorcer, les vies deviennent différentes et ce, grâce aux prêts. Nurjahan Begum tient à insister sur l’éducation des enfants. Il est très important d’envoyer les enfants à l’école, son accès y est obligatoire, et 100% des enfants sont scolarisés. 25 000 enfants ont reçu un micro-crédit de la part de la Grameen Bank. Certains partent même à l’étranger. Néanmoins, comme le rappelle Eric Lesueur, directeur de projets chez Veolia, ce pays est un véritable désastre sanitaire. Pourtant ce n’est pas l’eau qui manque, mais elle n’est pas potable. Plus de 30 millions de personnes sont empoisonnées à l’Arsenic, entraînant de fait une mortalité importante surtout chez les enfants qui constituent inévitablement les premières victimes. L’objectif de Veolia est de collaborer avec la Grameen Bank pour permettre une production et une consommation d’eau potable. Ce projet traitera 20 000 personnes. Mais il faut aller plus loin : 4 autres villages devraient être approvisionnés. Le démarrage du projet est prévu début 2009. « Démarrage concret, j’espère » conclura Eric Lesueur ! C’est tout ce qu’on leur souhaite !
