Lyon
Eh bien, dansez maintenant !
Du 6 au 30 septembre, toute l’Europe de la danse aura les yeux braqués sur Lyon. Comme tous les deux ans, la Biennale s’installe entre Rhône et Saône, pour le plaisir des initiés comme des novices. Tout un programme.
Retour en Avant. C’est le titre, donc le thème, de cette Biennale version 2008, 13ème du nom. Un titre oxymore, qui nous dit que le futur, après tout, n’est qu’un passé, une mémoire, une tradition sans cesse recréés, réinventés. Ce lien entre passé et présent, fil rouge de cette édition traverse les pièces de nombreux chorégraphes invités. Olga de Soto, avec Le jeune homme et la mort, qui réunit deux termes qui se voudraient opposés, Wen Hui qui remet en question, non sans impertinence, la révolution culturelle chinoise, ou encore le singapourien Ong Keng Sen qui s’attache à rappeler que les Khmers rouges ont voulu détruire la tradition du Ballet royal du Cambodge. Sans succès, comme si la danse résistait au temps, à l’histoire, à la politique et surtout aux hommes.
Différents styles pour sujets variés
Cette année encore, la volonté affichée de la Biennale est de faire taire les stéréotypes qui colle à l’image de la danse, qui serait affaire d’esthètes. Guy Darnet, le directeur artistique se fait sans ambiguité, quand il parle de ce rendez-vous né « d’un rêve et d’une volonté de casser l’image élitiste de la danse et de lui rendre sa juste place, celle d’un art populaire. ». Pour réaliser ce rêve, la Biennale mise sur la diversité des styles et des écritures, une démarche qui a fait son succès. Du classique ballet aux créations les plus avant-gardistes, en passant par la mélancolie du flamenco et l’énergie du hip hop, ce qui compte c’est avant tout l’émotion, le ressenti, tant donné que reçu.
Une volonté de satisfaire tous les goûts. Une diversité dans les styles, mais aussi dans les sujets traités par les chorégraphes. « Cette Biennale va bien au-delà de la danse comme l’indique assez la diversité des sujets (…)La danse, fondée sur la rencontre avec l’autre, peut tout dire et créer du lien, elle ouvre un espace d’échange et de dialogue. Durant la Biennale, les artistes sont là et les rencontres ont lieu, rapprochant les peuples. » Mourad Merzouki ne le contredira pas. S’il peut aujourd’hui créer une pièce avec les cariocas de la Companhia Urbana de Dança, c’est parce qu’il les a rencontrés…en 2006, lors de la précédente Biennale, « Danse la Ville ».
La Biennale en chiffres
En attendant le désormais célèbre Défilé de la rue de la Ré le 14 septembre (inspiré du Carnaval de Rio, il rassemblera entre les Terreaux et Bellecour plus de 4500 danseurs amateurs de 7 à 77 ans), devenu la plus grande parade chorégraphique d’Europe, la Biennale accueillera 17 créations dans tout ce que l’agglomération compte de salles de spectacles, 42 compagnies originaires de 19 pays. En tout, plus de 600 artistes du monde entier, qui raviront les 85 000 spectateurs attendus. Pour Guy Darnet, « Ces chiffres révèlent le succès d’une formidable aventure initiée dans le quartier de la Croix-Rousse, celui de mon enfance, où en 1980, année phare et explosive pour la danse française est née la première Maison de la Danse, suivie de la création de la Biennale en 1984 ». Aujourd’hui, la maison de la danse compte 15 000 abonnés, et la Biennale n’est certainement pas étrangère à ce succès.
Tout savoir sur la Biennale de la Danse : www.biennale-de-lyon.org
