Lyon
PS : Collomb vise au centre
Gérard Collomb, qui a rejoint la motion de Ségolène Royal, tente d’expliquer sa stratégie pour renouveler le PS. Ouverture au centre, modèles régionaux et compromis. On salue l’effort, mais bien malin celui qui peut prédire qui prendra la tête du parti suite à son congrès en Novembre.
Ils étaient tous là, les éléphanteaux locaux du PS. Gérard Collomb, sénateur-maire de Lyon, Jean-Jack Queyranne, président de la Région, et son vice-président, et maire du 3ème, Thierry Philip, Jean-Louis Tourraine, député, et Hélène Geoffroy, conseillère générale. Tous ensemble pour expliquer le ralliement à la motion de Ségolène Royal lors du futur congrès de Reims.
Tryptique
Avant d’exposer leur stratégie, un constat s’impose : « nous gagnons les élections locales, et même désormais les sénatoriales, mais nous perdons les présidentielles. Et ce n’est pas un problème de personnalité, puisque Lionel Jospin et Ségolène Royal étaient très différents ! » admet Gérard Collomb. Depuis 10 ans, en effet, toutes les élections locales sont remportées par la gauche, alors que pour la 3ème fois, c’est la droite qui gagne la présidentielle. Mais le but du PS, c’est aussi de remporter la magistrature suprême. Pour ce faire, le maire de Lyon expose sa stratégie : le parti doit s’inspirer de ce qui se fait au niveau local, où les socialistes sont toujours reconduits par la population : s’appuyer sur un « tryptique développement économique, politique sociale forte et protection de l’environnement ».
Balle au centre
L’autre constat que fait Gérard Collomb, c’est que « la gauche au 1er tour, c’est 40% des voix. Donc il faut trouver encore 10% pour gagner. » Comment faire ? « En s’ouvrant à des gens qui ne partagent pas forcément toutes nos idées ». Avec cet appel du pied aux centristes, le maire de Lyon se place encore un peu plus dans la succession de Raymond Barre, à qui il aime rendre hommage. Mais ceux qui pèsent au PS dans la région ne sont pas forcément très influents rue de Solférino, dans la capitale. La tâche s’annonce donc ardue pour Collomb et ses sbires. Lucide, il conclue qu’ « il faut faire bouger les lignes au PS ».
Primaires
Et comme ils ne peuvent compter sur l’appareil, la stratégie des barons lyonnais, c’est de s’appuyer sur la base. Et Jean-Jack Queyranne d’insister sur l’importance d’organiser des primaires ouvertes à tous les sympathisants afin de désigner celui ou celle qui prendra le départ de la course à l’Elysée en 2012. Sans oublier, lui non plus, une ouverture au centre : « il faut un parti qui rassemble la gauche sans ostracisme, puis qui s’ouvre à ceux qui partagent des valeurs communes, c’est-à-dire les démocrates et les humanistes. » François Bayrou appréciera le compliment.
Lucidité (?)
Contrairement aux pontes parisiens, les barons locaux semblent avoir mis le doigt sur le principal dysfonctionnement du PS, comme l’explique Jean-Jack Queyranne : « Gérard et moi, nous avons bourlingué depuis un certain temps dans le parti. Et on sait que le poison mortel a été le molletisme. C’est-à-dire un discours très à gauche auprès des militants, mais un discours public au centre », avant que le maire ajoute : « il faut parler de la même manière à l’intérieur du parti qu’aux Français ». Désormais, les militants sont prévenus : tous au centre. Pas sûr qu’ils apprécient. Sans doute auraient-ils préféré l’inverse, c'est-à-dire un discours unique, mais à gauche toute.
Et si Collomb prédit qu’aucune des trois têtes d’affiches (Delanoë, Royal, qu’il soutient, et Aubry), ne sera désignée à la tête du parti. Lui, vante un premier secrétaire de synthèse. Alors il aurait peut-être dû soutenir Delanoë, tout comme François Hollande, lequel, avec dix ans de synthèse, a vidé le PS de sa personnalité.
