Lyon
Santé : l’URML Rhône- Alpes tire la sonnette d'alarme
L’Union régionale des Médecins libéraux de Rhône-Alpes (URML) interpelle le ministre de la santé Xavier Bertrand et demande une vraie concertation entre les médecins généralistes de terrain, les conseils départementaux de l’Ordre des Médecins, l’union des Médecins libéraux et l’URCAM.
Santé : l’Union régionale des médecins libéraux de Rhône- Alpes tire la sonnette d’alarme
L’Union régionale des Médecins libéraux de Rhône-Alpes (URML) interpelle le ministre de la santé Xavier Bertrand et demande une vraie concertation entre les médecins généralistes de terrain, les conseils départementaux de l’Ordre des Médecins, l’union des Médecins libéraux et l’URCAM.
Un constat consternant
La médecine générale n’attire plus les jeunes diplômés ! Ces derniers préfèrent opter pour une spécialisation qui leur assure une qualité d’exercice et surtout une certaine qualité de vie. On comprend lorsque l’on écoute ces praticiens installés en zone rurale : 70 à 8O heures de travail par semaine, de nombreux week-end de garde, des trajets pour visiter les patients, des confrères qui partent en retraite ou se reconvertissent sans être remplacés… Rien de très attractif pour les médecins nouvellement diplômés. Certaines zones du territoire français manquent déjà de médecins généralistes et la situation va s’aggraver inexorablement. Aujourd’hui, il faut savoir qu’un généraliste sur quatre n’exerce pas la médecine générale (il est homéopathe ou acupuncteur), un sur six l’exerce à temps partiel, qu’il y a encore un numérus clausus d’admissibles en faculté de médecine trop faible. Le constat est dramatiquement sans appel. Conscient de cette catastrophe sanitaire programmée, le gouvernement a demandé aux Missions Régionales le repérage de ces zones carencées afin de prendre des mesures (fiscales et financières) encourageant les jeunes médecins à s’installer. Une première carte a été établie mais celle-ci ignore des zones pourtant bien connue des médecins de terrain. Les moyens d’évaluation semblent terriblement optimistes. L’URML a conduit une autre étude avec des critères différents prenant en compte les bassins démographiques, l’âge des médecins en exercice et les informations remontant du terrain.
Se concerter pour changer la donne
L’URML ne prétend pas détenir une radiographie exacte de la situation. Ses travaux menés complètent les analyses de la Mission Régionale de Santé .L ‘appréhension de la situation par le ministère de la santé ne peut s’en trouver qu’améliorer et générer une réflexion constructive entre les autorités gouvernementales, les élus locaux, les professionnels de la santé afin de réduire les disparités territoriales. La liste des zones déficitaires devrait être mise à jour début 2007. l’URML souhaite que son étude soit prise en compte pour répondre aux demandes de terrain. En 2005, aucun médecin n’a été aidé à s’installer, il semble qu’il en sera de même en 2006.
Chacun sait que les échéances électorales facilitent grandement la capacité d’écoute des politiques. Espérons que les généralistes sauront faire remonter jusqu’aux sphères parisiennes leur vécu de terrain difficile et qu’enfin de vraies mesures incitatives soient prises pour que des jeunes médecins choisissent de reprendre le flambeau en milieu rural .Eviter que la France ait une médecine à deux vitesses, assurer une qualité de soins de proximité quelque soit sa situation géographique et redonner aux médecins l’envie d’exercer une médecine généraliste en zone déficitaire : autant de points qui pourraient être intégrer dans un programme de campagne…
