Lyon
Distinction : Etres Justes
Trois familles lyonnaises ont reçu, le 27 novembre, la médaille des Justes parmi les nations, la plus haute distinction décernée à titre civil par Israël. Marie Louise Coquet, Marie Louise et Gilbert Hugonnet, Marguerite et Pierre Page reconnus « juste parmi les nations », ont trouvés des lieux sûrs, obtenu de faux papiers à des personnes d’origine juives. Au péril de leur propre vie, ils leurs ont ainsi permis d’échapper à l’horreur du nazisme.
Trois familles lyonnaises ont reçu, le 27 novembre, la médaille des Justes parmi les nations, la plus haute distinction décernée à titre civil par Israël. Marie-Louise Coquet, Marie Louise et Gilbert Hugonnet, Marguerite et Pierre Page reconnus « Juste parmi les nations », ont trouvés des lieux sûrs, obtenu de faux papiers à des personnes d’origine juives. Au péril de leur propre vie, ils leur ont ainsi permis d’échapper à l’horreur du nazisme.
Marie Louise Coquet.
« Je suis ici car j’ai une lourde dette à payer : ma vie ». En 1944, Henri Wallich avait 5 ans. C’est grâce au courage de Marie Louise Hugonnet, catholique, qu’il a pu échapper à la milice venue arrêter les juifs pendant la seconde guerre mondiale. Comme celle de Marie-Louise Hugonnet, deux autres familles lyonnaises ont reçu, le lundi 27 novembre, dans les salons de l’Hôtel de Ville de Lyon, la médaille des « Justes parmi les nations ». En présence d’Evelyne Haguenauer, adjointe au Maire de Lyon, déléguée aux personnes âgées et aux Anciens Combattants, de Richard Prasquier, président du Comité Français de Yad Vashem, d’Annie Karo, déléguée régionale du Comité Régional Yad Vashem et d’autres personnalités, ce sont les fils, nièces ou neveu des « Justes », qui ont reçu la récompense à titre posthume. Crée en 1953 par une loi du Parlement israélien, Yad Vashem est le mémorial central de la Shoah pour le peuple juif. Sa tâche primordiale est d’assurer que « le monde n’oublie jamais », explique Richard Prasquier.
Le comité Yad Vashem décerne le titre de « Juste parmi les Nations » aux non-Juifs qui pendant la Seconde Guerre mondiale et la Shoah ont aidé des Juifs en péril, au risque de leur propre vie, sans recherche d'avantages d'ordre matériel ou autre. Ils sont plus de 21300 à ce jour. C’est la plus haute distinction décernée à titre civil par Israël Les histoires de ces trois familles qui ont reçu la médaille, sont les illustrations parfaites de ce qu’est un juste.
Quand Liliane Golberg devient Lili Page
C’est parfois le hasard qui permet à certains de retrouver ceux ou celles qui les ont sauvés. En témoigne l’histoire de Liliane Goldberg. Née en 1938, elle fut hébergée pendant 3 ans par Pierre et Marguerite Page. C’est Yvonne Chapuis, la nièce de Monsieur et Madame Page tout deux décédés, qui reçoit aujourd’hui la médaille. C’est grâce au fils de Mme Chapuis que Liliane Goldberg a pu renouer avec ceux qui furent durant plusieurs années sa famille. M. Chapuis prend le micro et raconte comment. Il se souvient d’une histoire que lui racontait souvent son grand oncle Pierre Page quand il était petit. L’histoire d’une petite fille juive, Liliane Goldberg, que lui et sa femme avaient recueillis en 1942. Ils l’ont choyé comme si elle était leur propre fille. Pas facile pour la jeune enfant de s’y retrouver. Pour sa protection, elle ne devait plus s’appeler Liliane Goldberg mais Lilli Page. C’est ce qu’on lui a dit et répété pour sa rentrée des classes. « Quand on te demandera ton nom, n’oublie pas que tu t’appelles Lili Page, souviens toi Lili Page ». Et en septembre 1943, lorsque la maitresse lui demande comment elle s’appelle, la petite Lilli, 5 ans, ne sait plus. C’est cette même anecdote marquante que Liliane Goldberg raconte dans le livre « Paroles d’étoiles », recueillant des témoignages d’enfants d’origine juive cachés pendant la seconde guerre mondiale. Lorsqu’une amie qui lisait ce livre lui raconte ce passage émouvant, M. Chapuis n’y croit pas. Il l’a connaît par cœur cette histoire. Comme l’écrit sert à transmettre l’histoire, il a aussi permit de retrouver Liliane Goldberg ou la petite Lilli Page. C’est Pierre et Marguerite Page qui reçoivent donc à titre posthume la médaille des Justes parmi la nation. Liliane Goldberg a décidé d’écrire une lettre à l’attention de Marguerite Page. Cette dernière ne la lira jamais, mais elle lui permet de poser des mots sur ce qu’elle ressent. Elle partage avec les personnes présentes, quelques extraits de cette lettre. « Quand tu m’as recueillie, je t’ai demandé comment je devais t’appeler. Tu m’as dit appelle moi Tatan. Tatan Comment ? Tatan tout court. C’est ainsi que tu es entrée dans ma vie. Tu m’as donné une famille. Par la magie d’un nom, mes ancêtres sont devenus gaulois. Un jour j’ai appris que tu étais morte en 1948. Je me suis demandé si c’était la maladie qui t’avait emporté. La tuberculose m’a-t-on dit. Mais moi, je suis sûre que c’est le chagrin. Adieu Tatan tout court ». La mère de Liliane, Esthera Goldberg, fut pendant tous ces mois, hébergée par une autre famille, au péril de leur vie et de celles de leurs 11 enfants. Comme le souligne Liliane Goldberg « tous les Justes ne sont pas reconnus, en voici un bien bel exemple ».
Marie Louise et Gilbert Hugonnet 1943.
Pierre et Marguerite Page.
