Lyon
Délinquance dans le Rhône en augmentation
Jean-Pierre Lacroix, Préfet de région, présentait les chiffres de la délinquance et de l’action des forces de police et de gendarmerie nationale sur le département du Rhône en 2006 : la délinquance générale est en hausse de 1,8 % avec 134 922 faits constatés alors qu’au niveau nationale la délinquance est en baisse de 1,3%. Lyon, deuxième ville de France en termes de population, se place en 7ème ...
Délinquance en augmentation dans le Rhône
+ 10% de violences contre les personnes
Jean-Pierre Lacroix, Préfet de région, présentait les chiffres de la délinquance et de l’action des forces de police et de Gendarmerie nationale sur le département du Rhône en 2006 : la délinquance générale est en hausse de 1,8 % avec 134 922 faits constatés alors qu’au niveau nationale la délinquance est en baisse de 1,3%. Lyon, deuxième ville de France en termes de population, se place en 7ème position quant à son taux de criminalité. Un classement, que d’autres métropoles comme Marseille ou Nîmes peuvent nous envier, mais les violences contre les personnes, les violences urbaines et la délinquance des mineurs augmentent dans des proportions importantes. Ces secteurs seront des priorités pour l’année 2007
Violence contre les personnes, de violence urbaine et délinquance des mineurs
Si, comme les années précédentes, les chiffres de la délinquance de voie publique sont en baisse, les violences contre les personnes qu’elles soient crapuleuses ou non (+ 10, 6 %), sexuelles (+ 7,22 %) se multiplient. Les causes semblent difficilement identifiables : destructuration de la cellule familiale, passage à l’acte violent du délinquant pour obtenir le bien convoité, violence gratuite… des embryons de réponses. L’accroissement de dépôts de plainte traduit à l’évidence l’impact des mesures incitatives pour les dénoncer. Mais devant une telle augmentation, on peut s’interroger sur les chiffres réels, impossibles à définir, les victimes n’osant se manifester. Jean-Pierre Lacroix confirmait la poursuite d’un travail de terrain portant tant sur le repérage des situations à risque que dans l’accueil des victimes.
Quant aux violences urbaines, l’indicateur mis en place en 2005 met en exergue la part prépondérante des tentatives ou des incendies de véhicules ou de poubelles. Et bien, qu’aucun évènement de l’ampleur de l’automne 2005 ne se soit déroulé en 2006, la baisse n’est que légère. La pression est-elle vraiment retombée depuis les émeutes de 2005 ? « Je précise que tous les véhicules brulés ne sont pas forcément des actes que l’on qualifie de violence urbaine explique Mr le Préfet de région, un certain nombre sont détruits pour effacer des traces lors d’une utilisation frauduleuse ou escroquer les assurances ». Une étude est actuellement menée sur le Rhône pour cerner plus précisément les causes de ces incendies.
Les chiffres sur la délinquance des mineurs soulignent une implication des – de 18 ans de près de 17 %. Violences, vols à l’arraché, dégradations, destructions, plus de 75 % des mineurs interpellés le sont en zone urbaine.
La sécurité routière : encore plus de répression
La lutte contre la violence routière est une priorité gouvernementale affirmée et les mesures prises portent leurs fruits : moins de morts sur la route. Dans le Rhône, la baisse est 11,84 % soit 9 personnes tuées en moins. Néanmoins Xavier le Fur, préfet délégué à la sécurité, déplorait la flambée des infractions à la vitesse enregistrées sur la fin de l’année 2006. Pour tempérer les ardeurs des automobilistes lyonnais, 3 nouveaux radars fixes et 5 mobiles viendront renforcer le dispositif existant dans quelques jours. 5 carrefours sont à l’étude pour être équipés de systèmes de contrôles automatiques de franchissement des feux rouge. Notons encore qu’en 2006, 2475 conducteurs se sont vus retirés leur permis soit une augmentation de 5,5%. L’effort en 2007 se portera sur les deux roues qui demeurent les premières victimes des accidents de la route.
Une étroite collaboration des différents services
Le préfet, lors de ce bilan, soulignait la forte mobilisation de l’ensemble des services. Le nombre des infractions révélées par l’action de terrain augmente de près de 20 % et le taux d’élucidation de 31,5 % ! « Ces chiffres montrent le travail de la police comme de la gendarmerie, de la collaboration sans faille entre les services et de l’emploi des bonnes méthodes. Nous ne pouvons que travailler dans ce sens » concluait Jean-Pierre Lacroix.
Le bilan de la délinquance dans le Rhône en 2006 est en demi-teinte. Augmentation de la violence contre les personnes, de la violence urbaine, des mineurs plus fragiles et plus agressifs mais une baisse sensible du crime organisé, de l’immigration irrégulière, de la violence routière, le bon et le mauvais cohabite pour le meilleur comme le pire.
