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Elise Viollet : un siècle, une vie.
« C’est un honneur qui me dépasse » objecte Elise Viollet, habitante de Vénissieux admise depuis mardi dans le club restreint des centenaires. Visiblement embarrassée par tant d’exaltation à son égard, elle conserve, en dépit de son siècle d’existence, une vitalité et une force de caractère remarquable. « Il paraît que les centenaires ne doivent pas passer inaperçu » plaisante t’elle. Lumière sur une femme atypique.
Les yeux bleu azur, de la couleur de la mer qu’elle affectionne tant, Elise Viollet, observe en secret et songe. Peut être à sa venue au monde, le 19 février 1908 à Vienne, et ses instants d’allégresse chers à l’enfance. L’Ardèche, paysage enraciné dans son âme et dont elle se complait à rêvasser et faire partager au plus grand nombre la beauté de ces contrées. « Le pays des obstinés », comme elle le définit… L’obstination…pugnacité de caractère qui définit au mieux sa personnalité. Début des années 50, sa vie bascule, enivrée dans les effluves du Grand Amour, le vrai, le pur… mais aussi le plus délicat à surmonter. « On a commencé vieux, mais on a tenu non sans orage », raconte-t-elle, émue aux larmes, se remémorant les souvenirs immuables d’une fusion passionnelle avec Joseph, de 5 ans son cadet. Une force de la nature, qu’il a fallu dompter, « ma belle-mère n’a cessé de me remercier pour avoir transformé son fils » se félicite-t-elle. A cette époque, les esprits libertins et romantiques étaient pour le moins déconsidérés : « On faisait des bêtises certes, mais pas des voyantes ! ». Non, surtout ne pas rabrouer les affres de Cupidon, l’époque ne s’y prête plus.
En novembre 1952, le couple s’installe à Vénissieux, commune de l’Est lyonnais, peu après un mariage… en Ardèche. En dépit de difficultés, regrettable stérilité, ou de disparition douloureuse, telle la perte de son époux en 2005, jamais elle ne se plaint. Sa foi profondément chrétienne, lui permet de prendre de front les difficultés comme elles viennent, acceptant les plus sévères avec une philosophie de la vie truculente, « le bond en avant après le coup reçu ».
Inusable, elle affirme n’avoir jamais ressenti de signe de vieillesse avant l’âge de 90 ans. Au diable la maison de retraite, aller simple, à ses yeux, en direction des cieux. Bon gré, mal gré, elle finit par accepter, a 97 ans, les services d’aide à domicile. Elle reconnaît pleinement quelques petits vices: la gourmandise. Un goût immodéré pour la glace ou encore le chocolat, quand bien même il faudrait se lever chaque nuit pour satisfaire sa gloutonnerie. Cerise sur le gâteau, une passion pour le moins insolite : l’OL… Depuis de nombreuses années, elle suit avec la plus grande ferveur les exploits sportifs des footballeurs lyonnais.
Une chose est sûre, Elise Viollet mord la vie à pleine dents, jonglant entre foi et rêve, en attendant son heure pour retrouver son Jules…
