Société ...
Couples mixtes: Le droit de s’aimer
Les amoureux du ban public, ce sont ces couples qui n’ont pas le droit d’être ensemble car ils n’ont pas les papiers pour vivre sur le sol français. Le collectif est nationale, à Lyon, l’association est née en octobre 2007. Elle accueille une trentaine de personnes en difficulté. Hier, ils étaient réunis pour le lancement de la campagne nationale et pour parler de leurs problèmes, encore et toujours.
Ils ont tous la même histoire, la même peur de la police, les mêmes problèmes administratifs: « l’amour ne devrait avoir ni couleur, ni frontière, ni loi ». Virginie est camerounaise. Son plus grand regret, c’est d’avoir trouver l’amour en France: « on fait tout pour nous séparer. J’ai été retenue deux heures à Bruxelles pour venir le voir. Les douanes doutent de tout. » Ils sont pourtant mariés depuis 2004. Un mariage d’amour, ils pensaient que ça suffirait pour montrer leur bonne foi aux autorités. Pourtant, Virginie a attendu quatre ans pour être régularisée. Elle a subit les aller-retour au Cameroun, les fils d’attente à la Préfecture, les dossiers incomplets et donc refusés, les séparations et la peur permanente d’être repérée. Aujourd’hui, elle a un visa, sa situation s’est améliorée.
Mais qu’en est-il des centaines de couples mixtes qui vivent en Rhône-Alpes dans la clandestinité, de peur d’être embarqués en centre de rétention?
Rodrigue a connu les contrôles de police et l’attente du retour forcé dans son pays. « J’ai attendu cinq ans après mon mariage pour être régulariser. Cinq ans de dossiers qui n’allaient pas, de délais interminables, de séjours dans des centres loin de ma famille ». 4500 euros d’avocat et un soutien sans faille de la CIMADE auront raison des autorités, maintenant, il a le droit de vivre en France.
Un sirène passe, tous se retournent, le stress de la clandestinité reprend le dessus, même pour ceux qui sont régularisés. Laurence est française, elle est mariée à un guinéen, elle vit la pression au quotidien: « quand je l’accompagne en Guinée pour aller chercher un visa, le passage à la douane est insurmontable alors que je ne risque rien. C’est le stress tout le temps et donc des disputes pour rien. »
En plus de dépenser beaucoup d’énergie pour être régularisés, ces couples y laissent toutes leurs économies. Il faut retourner dans son pays d’origine pour faire une demande de visas, payer des cours d’instruction civique pour prouver sa bonne foi: « c’est beaucoup d’argent pour des gens qui n’en ont pas les moyens ». Alya est guinéen, marié, sans papier et justement sans moyen. Sans carte de séjour, il ne peut pas trouver de travail: « c’est difficile financièrement mais surtout moralement. Je ne supporte plus de rester seul toute la journée à ne rien faire et à gamberger. J’aimerais travailler comme tout le monde. » Pour Alya, la prochaine étape est à la Préfecture, une demande directe de carte de séjour valable un an. Chaque année, il devra constituer un dossier pour la renouveler. Ce n’est qu’au bout de trois ans sans encombre qu’il pourra prétendre à une carte de dix ans sur le territoire français.
La CIMADE, de tous les combats
En 2009, la CIMADE fêtera ses 70 ans d’engagement. Des actions pour toutes les causes: l’indépendance des anciennes colonies pendant la seconde guerre mondiale, les réfugiés latino-américains dans les années 70 et les étrangers en France depuis les années 80. Son créneau: la défense des droits des migrants et le droit des couples mixtes à vivre en famille. Écoute, renseignements et revendications, l’association a une portée sociale et politique.
A Lyon, les locaux sont situés rue Imbert Colomes, dans le 1e arrondissement. www.cimade.org
www.amoureuxauban.net
