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Lyon : le mail des RG, réactions en chaîne
Les réactions ne se sont pas faites attendre suite un mail des RG qui demandait au conseil régional de leur indiquer ses employés de religion « autre que catholique ». Le policier a été sanctionné, la préfecture et la DDSP se sont justifiées, et les responsables musulmans demandent des explications.
Le policier blâmé
Pour P. Brun, le fonctionnaire de la Sous-Direction de l'Information Générale (SDIG de la DDSP du Rhône) responsable du mail de la discorde (voir notre article), les conséquences ont été immédiates : comme promis par Michèle Alliot-Marie, la Ministre de l’Intérieur, il a reçu un blâme et sera muté dans un autre service de police de la région Rhône-Alpes. En comparant la sanction avec celle qui avait suivi l’affaire Christian Clavier en Corse, on pourra s’interroger sur la sévérité des deux punitions. Gradé de la DDSP, la quarantaine, le fonctionnaire n’a pas mis en cause sa hiérarchie qui ne sera donc pas inquiétée. Pour le ministère et la Sdig, l’affaire est classée. Jacques Signourel, Directeur Départemental de la Sécurité Publique (DDSP) du Rhône, confirme : « Il s'agit d'une initiative individuelle d'un fonctionnaire de police qui n'a ni pris conseil auprès de son autorité hiérarchique ni reçu d'instruction en ce sens de son autorité hiérarchique ».
La préfecture gênée
Jacques Gérault, le Préfet, ancien Directeur de Cabinet de l’actuel Président de la République, avance toutefois une possible explication. Le mois dernier, le Préfet délégué à la sécurité avait commandé une enquête à la Sdig (Sous-Direction des Informations Générales) sur la radicalisation de l'Islam dans la région. Le Préfet tient à prévenir de l’amalgame : « la lutte contre les réseaux extrémistes est essentielle, naturelle, et elle va continuer. Mais il faut vraiment faire la différence avec l'Islam lui-même. Il faut couper ce lien, cette confusion, entre Islam et radicalisme ». Les RG ne l’ont, semble-t-il, pas encore compris.
Les musulmans outrés
Et pour les responsables musulmans de la région, la pilule ne passe pas. Dans un climat d’islamophobie grandissante (les événements d’Ajaccio en sont un nouvel exemple), ils estiment que cette mention « non chrétien » vise particulièrement leur communauté, à plus forte raison pendant le mois de Ramadan, qui s’est achevé la semaine dernière. Ils ne comptent pas en rester là et ont, d’ores et déjà, demandé audience au Président de la République. Dans un communiqué, ils expliquent qu’ « au moment où les Musulmans célèbrent avec l'Aïd la fin du Ramadan, mois de paix, d'échanges et de spiritualité, nous condamnons avec la plus grande fermeté une initiative discriminatoire totalement illégale, contraire aux valeurs républicaines et au principe de laïcité »
Le FN s’invite
Enfin, alors que l’on pensait l’affaire plus ou moins terminée, le groupe FN du conseil régional s’est fendu d’un communiqué agressif, qui traite ceux qui s’insurgent de « tartuffes », avant d’ajouter « qu'il ne semble pas que ce soient des chrétiens qui fêtent la fin du “jeûne” en cassant, brûlant, caillassant ». Puis d’accuser la gauche « de soutenir l'invasion de notre patrie et la destruction de notre culture et de nos valeurs par un Islam dont on reconnaît facilement la tolérance, le respect des droits de l'homme et la liberté là où il est au pouvoir : Arabie Saoudite, Iran, Soudan, Afghanistan... nos banlieues, et bientôt notre pays entier, avec la bénédiction des Loges (maçonniques) et de la Gauche ?”. Un Front National malheureusement sans surprise.